N’idéalisons pas le Japon, comme chaque pays, il n’est pas parfait et a des défauts ! 

  • L’été japonais. Je déteste l’été japonais, il fait lourd, trop chaud et trop humide. Imaginez avoir 40-45 degrés tous les jours pendant 2 mois, voire plus, avec une humidité d’environ 80 %, une horreur ! Même le soir les températures avoisines les 28 degrés. Chaque été c’est la même chose, je transpire tellement que j’ai l’impression d’être une glace qui fond au soleil, en gros de mourir. Pour moi, chaque automne est attendu avec impatience car je me sens revivre !
  • Les catastrophes naturelles. Entre les séismes, les typhons, les tsunamis et les volcans actifs, le Japon serait-il un pays maudit ?  Dans ma région, le Kansai il y a moins de séismes que dans le nord, en 5 ans je n’en ai ressenti que 4-5, j’oublierai presque le Japon est sujet aux séismes.
  • Le coût de la vie. Même si les salaires sont plus ou moins adaptés, la vie est chère au Japon. A bout de 5 ans je suis toujours autant choquée du prix des fruits et légumes, un melon coûte 10 euros, un camembert 6 euros, une tomate 1 euros, 400g de pomme de terre pour 3.90 ! On peut facilement manger au resto avec un menu à 10 euros, ça revient presque plus cher de cuisiner à la maison que de manger dehors.
  • Le système scolaire. Les frais de scolarité coûtent extrêmement cher, notamment à partir du lycée. De plus il n’y a pas de bourses et le système d’enseignement ne développe pas la réflexion personnelle, ils n’apprennent que du par cœur et ont des QCM comme examens, résultat les Japonais ne sont pas capables de débattre. Concernant ce dernier point, mon mari qui a étudié 4 années en France, est de mon avis. Je rajoute aussi, le bourrage de crane des enfants dès le primaire en plus des juku (cours du soir) et du surplus d’activités extra-scolaires. De la primaire à la fin du lycée ils passent leur temps à étudier, weekends et vacances inclus. Ma nièce et mon neveu, qui sont en primaire, ont 3 activités extra-scolaires par semaine, ça fait beaucoup je trouve. Puis parlons du système de rentrée scolaire. La rentrée japonaise est en avril, tous ceux qui seront nés dans l’année après avril devront attendre un an de plus pour faire leur rentrée. Par exemple, mon fils qui est né en Août 2014 aura 3 ans l’année prochaine, mais il devra attendre la rentrée d’avril 2018 pour entrer en maternelle alors qu’en France il pourrait commencer en septembre 2017, vous voyez? Il perd 9 mois, ce qui est énorme dans le développement d’un enfant de son age. Rien que pour ça, j’ai encore plus envie de rentrer en France, mais je sais que mon mari ne serait pas d’accord… Puis bien sur il y a aussi l’ijime.. mon fils étant métisse, j’ai vraiment peur qu’il en soit victime. J’aimerai bien qu’il fasse un sport de combat pour pouvoir s’affirmer et surtout se défendre si un jour certains se mettent en tête de lui chercher des noises.Si un jour cela devrait arriver, j’espère qu’il osera m’en parler !
  • Peu de vacances pour les employés. Non seulement ils passent plus de temps au boulot que chez eux, mais en plus ils n’ont même pas suffisamment de vacances pour se reposer ou profiter de ce qu’ils ont gagnés. Ils ont environ 5 jours en Mai, la fameuse Golden Week (c’est une succession de jours fériés) et une semaine voire dix jours pour le nouvel an, ça dépend des entreprises. Par chance, il y a pas mal de jours fériés, du coup ils peuvent parfois se permettent des weekends prolongés de 3-4 jours comme au mois d’août pendant Obon (la Toussaint), mais ça aussi cela dépend du genre de travail, si vous travaillez dans un magasin ou dans un restaurant, vous aurez vos congés en décalé.
  •  La culture de l’excuse. Les Japonais s’excusent pour n’importe quoi, sans même le penser. Je trouve cela exaspérant et stupide à la fois, comme si ça réglait tout. 
  • Le couple japonais. Au Japon, l’image archaïque du couple qui dit “l’homme au boulot et la femme à la maison” est encore très présente. En effet, après le mariage ou le premier enfant, beaucoup d’épouses deviennent femme au foyer à 100% et par conséquent totalement dépendantes financièrement de leur époux. De ce fait, beaucoup d’hommes pensent qu’ils n’ont pas besoin de participer à la maison, que chacun à son rôle et que cet “équilibre” est suffisant. Heureusement que certains sont des exceptions et participent à la maison et à l’éducation des enfants (mon mari fait parti de la première catégorie). Une chose qui me choque aussi c’est que les Japonaises choisissent d’épouser un homme selon le montant de son salaire, certaines sachant qu’elles se feront entretenir, cherchent plus un porte-feuille qu’un homme à aimer. Ici contrairement à chez nous, le sujet de l’argent n’est pas du tout tabou, ainsi à la TV lors de micro-trottoir les Japonaises n’hésitent pas dire combien elles souhaiteraient que leur époux gagne ! Le couple japonais fonctionne plus comme un contrat, chacun tient son rôle, ils font un enfant pour apporter leur “contribution” à la démographie nippone et en même temps vivent chacun de leur cote, comme des colocataires. Je trouve ça si triste. On me dit que c’est en tain de changer avec la nouvelle génération, j’espère que c’est vrai.  Il y a 6 ans à la fac, je me souviens de certaines qui disaient “ahh j’ai hâte de me marier pour ne pas avoir à travailler”. Je trouve cela également triste de n’aspirer à rien d’autre dans la vie que de rester à la maison à se faire entretenir pendant qu’on liquide le salaire du mari dans le shopping ou les voyages et resto entre copines (oui une chose qui risque de vous surprendre si vous venez, les cafés et les restaurant sont remplis de femmes qui déjeunent entre elles, en France je n’avais jamais vu ça). La majorité de mes élèves ont la cinquantaine, quand elles parlent de leur maris, elles disent qu’elles sont contentes qu’ils ne dînent pas à la maison, qu’ils sont comme des enfants et que c’est impensable de voyager avec lui, qu’entre copines c’est bien mieux.
  • Les nomikai entre collègues. Au Japon le boulot passe avant la famille. Après le travail les salaryman vont souvent au bar entre collègues voire avec des clients pour renforcer leur relation. En tant qu’épouse de salaryman, c’est une habitude japonaise que je n’aime pas. Quand c’est le client qui invite, ils ne peuvent pas refuser et je trouve que parfois c’est une excuse pour fréquenter certains genres de bars. Mais comme ils disent ici, c’est normal n’est-ce pas ! Mes beaux-frères doivent manger chez eux environ deux fois par semaine, je trouve ça triste, mais comme disent mes belles-sœurs, elles ont l’habitude maintenant. Contrairement à d’autres mon mari ne sort pas tous les soirs heureusement, ça ne me dérange pas qu’il aille à une nomikai par semaine du moment qu’il me prévienne à l’avance dans la journée, mais s’il me prévient vers 18h30-19h alors que j’ai déjà cuisiné, bah ça me fait chier. Je n’aime pas cuisiner à la base, du coup pour lui je fais des efforts et plein de petits plats d’accompagnements comme aiment les Japonais, mais s’il ne mange pas à la maison je fais quelque chose de simple et rapide. 
  • Le suremballage. Au Japon, ils sont si minutieux qu’ils emballent tout et surtout trop ! Trop de cartons, trop de plastique, ça me rend malade quand je vois ma poubelle de plastique pleine à la fin de chaque semaine. Dans les supermarchés, certains fruits / légumes sont aussi emballés alors qu’ils sont vendus à l’unité, ça part d’une bonne intention car c’est pour éviter qu’ils ne s’abîment mais bon, du coup c’est la planète qui en prend un coup. J’ai beau trier mes achats, difficile d’y échapper ici. Au moins je limite ma consommation de sachets plastiques, pour faire les courses je prends toujours mon gros caba et sinon j’ai toujours un petit sac de courses en tissu dans mon sac-à-main en cas de courses imprévues. Depuis l’année dernière les supermarchés ont rendu les sachets plastiques payants, soit 2¥ (0.018 euro). Quand on achète un cadeau on reçoit souvent deux fois le même sac pour offrir le cadeau dans le sac non utilisé. C’est aussi chiant, on s’encombre vite. En caisse, quand j’achète de petites choses, je dis souvent que je n’ai pas besoin de sachets, certaines caissières sont surprises d’autre semblent limite soulagées. Voici un exemple du suremballage au quotidien.