Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Pour clore l’année 2019, Lucie en est la marraine et a choisi le thème Suis-je une expatriée? Celle-ci se penche sur la question délicate de l’expatriation, comment devrions-nous nous définir quand nous vivons à l’étranger ? Faut-il jouer sur les mots ou se limiter à un seul mot ?

Expatrié : - Personne qui a quitté volontairement sa patrie.          
                   - Personne qui travaille à l’étranger 
                     pour le compte d'une entreprise de son pays d'origine.

Depuis que je vis au Japon, je me suis toujours considérée comme expatriée, la preuve avec le titre de mon blog. J’ai quitté la France de mon plein gré pour l’archipel nippon. Je corresponds donc étymologiquement à ce mot qui se résume à lui seul. Cependant, les mots évoluent, ils ont des nuances et perdent un peu de leur origine. De nos jours, son sens premier s’est perdu, pour ne considérer principalement que ceux qui viennent vivre à l’étranger par rapport à leur travail ce qui peut causer bien des méprises ou donner une fausse illusion de la vie des expatriés dits résidents. Les résidents, eux, restent, les expatriées vont et viennent.

Immigré : Personne qui a quitté son pays d'origine pour s'installer 
                  dans un autre pays.

Puis, il y a environ un an maintenant, j’ai pris conscience qu’en fait j’étais plus qu’une expatriée. En effet, je suis aussi une immigrée. Un terme pourtant semblable au précédent, mais  auquel je ne m’étais jamais identifiée auparavant. Pour quelles raisons, je l’ignore, mais peut-être parce que j’avais ce cliché qui disait que les émigrés, c’étaient surtout ceux qui venaient en France. Il se peut que je tenais aussi au terme d’expatrié car il signifiait pour moi l’idée d’un possible retour définitif sur ma terre natale. En effet, je l’avoue, j’ai peur de rater le coche pour rentrer en France, j’ai peur de ne jamais revenir y vivre, j’ai peur de finir mes jours ici. 

Quoiqu’il en soit de mon statut personnel, je suis et resterai toute ma vie une étrangère aux yeux des Japonais et ce que j’y reste 1 mois ou 40 ans. Selon mon visa je suis une résidente, mais au final, j’aurai beau parler couramment la langue, connaitre les us et coutumes, cuisiner japonais et faire de mon mieux pour m’intégrer, ils ne verront toujours en premier que mon visage qui, loin de leur ressembler, ne me permettra jamais de me fondre dans la masse. 

***

Les autres participantes

Ophélie au Royaume-Uni  –  Lucie en Italie  – Catherine en Allemagne  –   Kenza au Canada  –  Alexienne au Royaume-Uni –  Angélique au Sénégal  –  Liz au Koweit  –