Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie via son blog L’Occhio di Lucie. La marraine du mois de juillet est Karine du blog Deux suisses à Hong Kong, elle a choisi pour thème Les genres. En voilà un sujet bien délicat depuis quelques années. Sans vouloir m’embarquer dans un débat, je vais me baser sur cette idée de base que l’on nous inculper depuis l’enfance, les hommes et les femmes.

Revenons en 2017, quand le mouvement #MeToo éclatait sur la toile en relatant les harcèlements et les agressions que les femmes avaient et continuent de subir chaque jour. Allant d’un simple regard qui en dit long, à des mots voire à des gestes plus que déplacés. Des comportements qui ne devraient pas exister, mais qui sont malheureusement devenus presque banal.

En effet, quand j’habitais en France, comme beaucoup de femmes, je subissais le harcèlement de rue. Les reflections sur mon physique, les insultes parce que je ne répondais pas, les soi-disant compliments dont le but était tout autre. Je n’osais pas m’habiller comme je le voulais de peur de me prendre des remarques. Dehors, quand j’étais seule et peu importe l’heure, je ne me sentais pas tranquille, j’étais toujours sur mes gardes, Je voulais être le plus invisible possible. Je marchais vite feignant d’écouter de la musique. Combien de fois je changeais de trottoir quand je voyais un groupe d’hommes sur mon chemin. Je ne compte plus le nombre de fois où, quand je traînais au lycée et rentrais après 18h, j’appelais mon père pour qu’il vienne me rejoindre à l’arrêt de tram pour marcher avec moi jusqu’à la maison. D’ailleurs, je ne le remercierais jamais assez pour cela. Tout ça, c’était des automatismes, des automatismes causés par la peur. Mais ça, c’était avant.

#MeToo m’a fait prendre conscience que cette peur s’était envolée. En effet, depuis que je vis au Japon, tout a changé. Ici les filles portent des (mini) jupes et des (mini) short quasiment toute l’année et on les laissent majoritairement tranquille. Quelle plaisir de sortir le soir sans avoir peur et même quand minuit approche. Je n’ai jamais autant porter de jupes ou de robes de ma vie qu’ici. Les fois où j’en portais en France se comptaient sur les doigts d’une main. Ca fait vraiment du bien de pouvoir sortir sans avoir peur des hommes que l’on croise. Au Japon, je me sens en sécurité, du moins je me sentais en sécurité.

Il y a 3 ans, j’ai eu un rappel à l’ordre. Dans un ascenseur. Rien de grave, mais suffisamment marquant pour me rappeler que peu importe le pays, on n’est en sécurité nul part et il faut toujours rester sur ses gardes. Cet épisode, je l’avais raconté ici et par chance ce fut la seule et unique fois.

Bref, tout ça pour dire que je ne comprends pas ceux qui se comportent ainsi avec la gente feminine. Pourquoi ce rapport de force, dominant – dominé ? Ce n’est pas normal que les femmes doivent craindre les hommes à chaque sortie. La tenue n’a rien à voir. Tout réside dans le respect, une notion que beaucoup ont oublié, mais dont il est nécessaire de rééduquer les jeunes générations. Homme ou femme, il n’y a pas de genres, mais seulement un, le genre humain.