Êtes-vous superstitieux ? Le Japon est un pays emplis de croyances en tout genres. En voici une encore très ancrée dans la culture et le quotidien japonais, yakudoshi.

Alors Yakudoshi c’est quoi ? C’est une croyance encore fortement présente aujourd’hui remontant à l’époque Heian (794-1185) et qui se base sur la cosmologie japonaise. Yaku signifie “malchance” et toshi “âge / an”, donc littéralement les “âges / années de malchance”. Cependant, entre temps les âges ont changé. Selon la croyance actuelle, 25, 42, 61 sont néfastes pour les hommes et 19, 33, 37 le sont pour les femmes. La période maudite commençant en fait dès le nouvel an précédant l’anniversaire fatidique, il est recommandé de prendre des précautions en allant prier les dieux une année plus tôt ainsi que l’année suivante. Ce qui veut dire que pendant 3 ans, les personnes yakusdoshi vivent avec l’angoisse qu’il leur arrive un gros malheur. En principe, il faut aller prier au sanctuaire avant le setsubun, soit le 3 février. Puis il est aussi preferable d’éviter de gros changements ou projets dans sa vie comme un nouveau travail, un mariage ou une grossesse car le risque d’échec est plus important.

Tableau de Yakudoshi indiquant les années de naissances, les ages et les signes du zodiaque.

Je suis Yakudoshi

En mars lors d’une balade dans un temple, j’ai regardé par hasard le tableau des yakudoshi et j’y ai vu mon année de naissance, 1990 (Heisei 2 à la japonaise). Ainsi j’ai découvert que ca y est, mon tour était arrivé. Bien que je ne sois pas superstitieuse, je me suis dis que mes récents petits soucis de santé et personnels n’étaient peut-être pas anodins. J’ai tendance à penser que ce qui se dit et se fait au Japon n’existe qu’au Japon. Comme vous pouvez le voir ci-dessus, certains ages sont en vert ou en rouge. Cela indique que bien que ce soient des années dangereuses, certaines sont pires que d’autres. Pour ma part, je vais donc voir rouge pendant 3 ans. Comme j’étais occupée, ce n’est que récemment que je me suis enfin rendue au sanctuaire de mon quartier afin de prier. De plus, celui-ci est en plus un “yaku-ji”, soit un “sanctuaire contre la malchance”.

Cette année j’ai eu 31 ans, mais selon le calendrier japonais, j’en ai 32. En effet, il y a encore quelques années, une des traditions japonaises était de donner un an de plus aux personnes à chaque nouvel an. Ce qui signifie que cette année je suis mae-doshi, l’âge précédent le malchanceux. Au sanctuaire j’ai lancé une pièce et prié. Puis j’ai fait de même pour les petits sanctuaires qui sont dans son enceinte. Ensuite après ce petit pèlerinage, j’ai pris soin d’acheter un omamori, une amulette. Le mien ayant 10 ans, je me suis dis que cela serait l’occasion d’en acheter un nouveau !