Le Japon et moi

Le japonais et moi

J’ai commencé à apprendre le japonais il y a 10 ans ! Deja 10 années, ca passe si vite. Cependant, cette apprentissage ne s’est pas fait tout seul. J’ai beaucoup travaillé pour atteindre mon niveau actuel et ce de différentes manières. Apprendre le japonais demande beaucoup de temps, de motivation et d’assiduité.

Apprendre le japonais à l’université

J’ai étudié le japonais en option à l’université de Strasbourg pendant deux ans alors que ma spécialité était LLCE Espagnol. J’allais également au cours de grammaire des spécialistes japonais, cours que j’avais pu aussi prendre en option. De toutes les langues que j’ai étudié, l’anglais, l’espagnol, le portugais, c’était la première fois que j’étais aussi passionnée par une langue étrangère. Je l’étudiais quotidiennement à la maison avec plaisir. Les kanji, leur histoire, leurs significations, leur combinaisons, en calligraphie on peut même deviner l’humeur de la personne selon son tracé ! Fascinant ! Ahlala j’en ai fais des lignes pour retenir l’écriture de certains, mais maintenant avec l’ordinateur et le portable, je n’écris plus trop le japonais à la main. Par conséquent j’oublie l’écriture de beaucoup d’en eux alors que je les visualise parfaitement.

Lors de mon inscription à l’université j’avais beaucoup hésité entre faire LLCE Espagnol ou LLCE japonais. Cependant j’avais peur qu’en étant obligée de l’étudier sans relâche pour les cours, que ma passion ne s’essouffle, d’en faire une overdose et d’en être dégoûtée. Chose qui arriva à certaines amies. Sur le campus je faisais des tandems avec quelques Japonaises afin de pouvoir pratiquer la langue et en retour les aider en français. C’était vraiment très enrichissant car comme dans toutes les langues, ce n’est pas en cours qu’on apprend le parler de la vie, mais avec les gens ! Je regardais aussi beaucoup de dramas ce qui était très pratique pour améliorer ma compréhension orale. Par contre, depuis que je suis au Japon je n’en regarde plus du tout.

Apprendre au jour le jour

En première année de fac, j’ai rencontré mon mari, il parlait déjà bien français, du coup nous parlions principalement en français. Nous nous aidions aussi mutuellement pour que chacun progresse dans la langue de l’autre. En septembre 2010 je l’avais rejoins au Japon pour la deuxième fois et y étais restée trois mois. A l’époque il était encore étudiant, du coup quand il allait en cours, je restais à la bibliothèque pour étudier le japonais en autodidacte. J’utilisais le tome 2 du manuel Minna no nihongo car j’avais fini le tome 1 pendant mes deux années universitaire. Je crois que c’est pendant ces trois mois d’immersion que j’ai fais un bon en japonais. En effet, je l’étudiais quotidiennement, je l’entends à longueur de journée et je côtoyais les amis de mon mari. 

Puis je suis retournée au Japon pour la troisième fois en mai 2011, mais cette fois-ci avec le visa Vacances-Travail. J’avais travaillé 10 mois dans un resto français à Kobe. Pendant cette période, j’avais aussi bien progressé en japonais notamment au niveau du keigo, le niveau tres poli en japonais. A coté, j’avais aussi révisé pendant trois mois pour passer l’examen du Nihongo Noryoku Shiken N3, mais malheureusement l’épreuve de grammaire eu raison de moi et me l’a fait rater. Depuis je n’ai plus touchée un manuel de japonais. J‘apprends sur le tas, dans la vie de tous les jours. Depuis ma grossesse et que je suis devenue maman mon vocabulaire s’est aussi beaucoup enrichi. Au début je n’hésitais pas à aller aux RDV avec mon petit calepin et mon dico pour noter les mots que je ne comprenais pas.

Apprendre le japonais via la traduction

Un jour, alors que je donnais un cours de français dans un café, je me suis faite abordée par une Japonaise. Elle me parla de son blog et de son projet de publier un magazine sur le Japon en français. C’est ainsi que j’ai fais mes premiers pas dans la traduction et que le premier numéro du magazine Panache fut publié. Je traduisais des textes touristiques, de présentations de musées et de restaurants, des recettes. Traduire m’a permis d’enrichir non seulement mon vocabulaire, mais également mes connaissances sur la culture japonaise. J’ai vraiment énormément appris dans tous les sens du terme.

Depuis 2013 j’enseigne dans une association de Kobe et parfois on me demande des traductions. Étant maman d’un petit de 2 ans, c’est vraiment pratique pour moi de pouvoir travailler à la maison. D‘ailleurs heureusement qu’il fait encore sa sieste de l’après-midi.

J’aime traduire, certes ça prend du temps et parfois je galère sur certaines phrases ou expressions car le japonais et le français sont deux langues qui s’expriment vraiment différemment, mais j’apprends tellement via tous ces textes. Parmi tous les articles que j’ai traduis il y en avaient de très intéressants comme sur la fabrication des zabutons, des kimonos, des tatamis, etc. La dernière traduction que j’ai faite en octobre portait sur la fabrication du vin et du champagne français. De ce fait en plus d’élargir mon vocabulaire japonais, j’ai aussi appris le jargon viticole français ! J’avoue que des fois j’ai vraiment du mal avec certaines phrases. Soit j’ai beau comprendre tous les mots, je ne capte pas le sens de la phrase, soit je comprends la phrase, mais j’ai du mal à la tourner en français. Parfois je doute même de mon français, il m’arrive de demander à des amies pour savoir si ça se dit ou pas.

En tout cas la traduction est vraiment une belle expérience pour moi. Il y a 7 ans j’entrais à l’université dans le but de devenir interprète franco-espagnol. Puis finalement me voila enseignante de FLE et traductrice franco-japonais. Ça me plait et j’aimerai vraiment avoir plus d’opportunités de ce côté-là et pourquoi pas devenir traductrice freelance. On verra bien ce l’avenir me réserve.

Eva

Française vivant au pays du soleil levant depuis 10 ans. Maman à plusieurs casquette travaillant à Kobe. Je partage sur mon blog un peu de mon quotidien ainsi que mes découvertes, mes voyages et ces différences culturelles avec lesquelles je cohabite. N’hésitez pas à vous abonner, je serais ravie de lire vos impressions !

12 commentaires

  1. Tiens, c’est marrant. J’étais dans la même université et au même étage pour une LLCE Italien (de 1999 à 2002) Lors de ma première année, j’avais envisagé de m’inscrire en Japonais mais je me suis ravisée. Sans doute, la peur de me planter…
    En tout cas, la vie t’a fait de beaux cadeaux: apprendre une langue fascinante tout en rencontrant la personne qui partagera ta vie. 😀

  2. C’est vraiment un beau parcours !
    Et tu as beaucoup de mérite pour les traductions que tu as faites, ce doit être vraiment compliqué vu l’écart qu’il y a entre nos deux langues !
    Courage pour la suite, j’espère que tu pourras atteindre ton objectif de traductrice freelance 🙂

  3. Lucie - L'occhio di Lucie a dit :

    Quelle aventure d’apprendre une langue aussi différente que le japonais. Merci d’avoir partagé ça, c’est très intéressant ! On a un parcours similaire quelque part, moi aussi je suis prof de FLE et je débute en traduction, j’aimerais en faire plus. Je nous souhaite d’y réussir !

  4. Quel beau parcours qui t’a réservé plein de surprises. Qui aurait cru qu’avec une LLCE Espagnol tu ferais des traductions au Japon. Un beau revirement de situation. La rencontre avec Monsieur semble avoir beaucoup joué dans ton avenir.

  5. […] Eva nous explique comment elle a appris le japonais […]

  6. Chouette parcours ! Je suis ravie de découvrir ton blog via #HistoiresExpatriées ! xx

  7. Ton histoire est incroyable ! C’est vrai que la vie est parfois bizarre, elle te fait prendre des directions complétements différentes que ce qu’on avait pu imaginer. Tu as vraiment de la chance de pouvoir vivre le quotidien Japonais. Moi j’ai fait mon premier voyage de découverte du pays cet été, mais je suis nulle en langue. Je te dis pas quand je suis arrivé soit les Japonais me parlaient anglais, soit japonais et j’étais vraiment perdue, heureusement on avait un guide japonais francophone. Je connaissais juste quelque mot en japonais, mais je n’osai pas trop parler, trop peur du ridicule et puis final vers la fin du séjour j’osais dire « merci », « au revoir », « bonjour »… en japonais. C’était vraiment un voyage très enrichissant, j’ai découvert la culture japonaise autrement que dans les livres et les Japonais. Je suis resté 10 jours, mais je ne voulais plus revenir en France, j’espère pouvoir y retourner l’année prochaine et encore les années suivantes ! J’ai même pensé à aller vivre là-bas. Justement j’ai une petite question à te poser ? On m’a dit qu’entre aller dans un pays que tu aimes pour des vacances et y vivre il y a une différence, je voulais avoir ton avis. Est-ce que c’est vrai ? Est-ce que des fois tu es déçu d’y vivre ?

    Bonne journée.

    1. Oui c’est tout a fait vrai et valable pour tous les pays. Honnêtement j’ai envie de rentrer en France depuis environ 2 ans, mais bon c’est pas évident. Il y a des cotes de la culture et de la mentalité japonais auxquels je ne pourrais jamais m’habituer et d’autres que je ne voudrais jamais accepter. Puis parmi tout çà il y a aussi plusieurs choses que je veux éviter pour le futur de mon fils. On prend conscience de ces details quand on vit ici depuis plusieurs années et encore plus quand on est intégrée dans la société que ce soit par le travail ou la vie de famille, de plus le ressenti est loin d’être le même si le conjoint est japonais ou européen. L’expatriation a ses charmes, mais attention au revers de la médaille !

      1. Merci beaucoup pour ta réponse. Je comprends ce que tu veux dire. C’est une vrai décision à ne pas prendre à la légère de s’expatrier. Je suis moi-même une fille d’expatrier, sauf que mes parents se sont expatriés en Afrique où j’ai vécu jusqu’à l’âge de mes 11 ans avant de revenir en France. Mais aujourd’hui mes parents y vivent toujours avec mes frères alors que moi je viens de déménager sur Paris pour finir mes étude. Donc je comprends un peu ce que tu veux dire. Et puis du coup pas facile de voir sa famille souvent.
        Je verrai bien ce que l’avenir me réserve, la seule chose que je sais c’est que depuis que je suis revenu en France le Japon me manque un peu alors j’espère y retourner pour mes prochaines vacances.

  8. jenck a dit :

    C’est intéressant tout ça ! Ce changement de parcours inattendu , comme si le destin voulait te forcer à revenir sur ton choix espagnol/japonais 😯

    Par curiosité, à pratiquer quotidiennement le japonais et le français, qu’en est il aujourd’hui de ton niveau d’espagnol ?

    1. J’adore l’espagnol et ca me peine beaucoup de ne pas l’utiliser. Actuellement, je le comprends toujours que ce soit lu ou écouté, par contre quand il faut parler, mon cerveau est bien rouillée et meme après un temps d’adaptation, ma grammaire est à couper au couteau… du gâchis…

  9. […] C’était ma première expérience dans la restauration car en France j’avais seulement fait des jobs d’été dans l’administration. Je me souviens encore de mon premier jour. C’était un dimanche et il y avait un monde fou, j’étais un peu déboussolée, je savais pas quoi faire ni ou aller. Là-bas, je faisais le service, prenais les commandes, préparais les boissons, faisais la mise en place des tables et quand il y avait peu de monde je devais distribuer des flyers dans la rue pour “attirer” de potentiels clients. Grace à ce travail j’étais au contact des gens, “obligée” de pratiquer le japonais donc j’ai beaucoup progressé. […]

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