Le Japon et moi Mon quotidien japonais

Mon premier travail au Japon

Pendant mon visa Working Holiday  (mai 2011- mai 2012), j’ai travaillé sept mois dans un restaurant français de Kobe. Je travaillais en baito (de l’allemand arbeit “travail”) à raison de 3-4 fois par semaine, de 11h à 15h. Le patron, le manager, le chef et deux serveurs sont français. Je m’entendais bien avec le staff franco-japonais, pendant nos pauses déjeuners je discutais beaucoup avec le chef M. et le serveur français J.

Mes premiers pas dans le monde du travail au Japon

C’était ma première expérience dans la restauration car en France j’avais seulement fait des jobs d’été dans l’administration. Je me souviens encore de mon premier jour. C’était un dimanche et il y avait un monde fou, j’étais un peu déboussolée, je savais pas quoi faire ni ou aller. Là-bas, je faisais le service, prenais les commandes, préparais les boissons et faisais la mise en place des tables .Puis quand il y avait peu de monde je devais distribuer des flyers dans la rue pour “attirer” de potentiels clients. Grace à ce travail j’étais au contact des gens, “obligée” de pratiquer le japonais donc j’ai beaucoup progressé.

J’aimais bien ce travail, mais je détestais distribuer les flyers. Parfois les gens sont sympas, vous en prennent un ou engagent la conversation ou vous demandent plus précisément ou se trouve le resto. Et parfois, ils sont, comment dire… ils vous regardent de haut ou vous ignorent ou vous fixent alors que vous lui tendez un flyer ou  vous en prennent un mais le jettent sous vos yeux. Au Japon, beaucoup font la distribution de flyers, je trouve que ce n’est pas un vrai métier, mais pour les Japonais ça l’est car ça attire la clientèle.

Se familiariser avec le client japonais

J’ai découvert que le client japonais est très difficile et pointilleux. Le déjeuner est de 11h à 15h, Dieu sait combien de fois j’ai vu des Japonais commandaient des gâteaux à 11h30 et venir déjeuner vers 16h, et ils se permettaient de râler alors qu’ils n’avaient qu’à venir plus tôt. Ou sinon beaucoup ne prenaient pas la peine de lire le menu, on a le menu A et B, seul le plat principal est différent et il faut choisir entre trois plats. Combien de fois j’en ai vu ouvrir le menu et le refermer aussitôt en disant simplement « menu A »… oui mais faudrait peu être me dire ce que tu veux en plat principal non ? Puis pour en revenir aux flyers, les Japonais sont bizarres, s’il y a du monde dans le resto ils y vont, quitte à poiroter 30 minutes mais s’il n’y a personne ou peu, ils n’y vont pas. D’où la nécessité de la distribution ! 

Apprendre à faire un CV japonais

Dans un CV français, on se vend, on se met en valeur en présentant nos capacités et on écrit toutes les expériences professionnelles qu’on a eut, même les missions d’intérims. Dans un CV japonais, on essaye de se vendre mais sans se mettre en avant et il faut “rabaisser” nos qualités. Aussi, quand je voulais mettre mes missions d’intérim, mon beau-père m’avait ri au nez disant que ce n’est pas un vrai travail et donc pas nécessaire à préciser. Aussi il faut éviter d’etre trop direct, il faut le dire de façon subtile avec de longues phrases à rallonge. En France, on se déplace ou envoie des lettres aux endroits qui nous intéressent. Au Japon, on téléphone directement pour prendre un RDV, je me suis déplacée une fois et on m’a renvoyé illico. Je vous raconte pas le stress pour appeler en japonais !

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Cette première expérience de travail au Japon fut positive. Par la suite, je suis toujours bien tombée mais tout le monde n’a pas cette même chance ! Et pour travailler au Japon il faut absolument parler la langue, avoir le vocabulaire nécessaire. Si vous parlez anglais, ça ne suffit pas car beaucoup de Japonais ne parlent pas anglais.

Eva

Française vivant au pays du soleil levant depuis 10 ans. Maman à plusieurs casquette travaillant à Kobe. Je partage sur mon blog un peu de mon quotidien ainsi que mes découvertes, mes voyages et ces différences culturelles avec lesquelles je cohabite. N’hésitez pas à vous abonner, je serais ravie de lire vos impressions !

0 commentaire

  1. Le stress des lettres de motivation en langue étrangère, m’en parle pas… A chaque fois je m’arrache les cheveux… Mon copain les relis et me dit souvent  » mais t’es con ? pourquoi t’écris ça ? le type a ton CV sous les yeux, il les voit tes expériences, pas besoin de les écrire dans la lettre  » …
    En France tu dois expliquer tes expériences précédentes et montrer en quoi elles ont été importantes dans l’exercice et l’amélioration de tes compétences, ainsi que dans l’évolution de ton projet professionnel. En Allemagne, tu dois simplement faire comprendre que t’es motivé et que t’es compétent. Limite ici t’es professionnel dès le berceau, t’as pas eu besoin de 36000 expériences — » …
    Le plus déprimant c’est que comme au Japon, ici aussi un job étudiant que tu fais simplement pendant les vacances ou alors un stage de quelques semaines, ne comptent pas comme expérience. En France, c’est valorisant. Alors qu’ici il faut faire attention à ce que justement l’employeur ne te prenne pas pour un feignant. En dessous d’un an dans une entreprise, ici il se peut qu’ils considèrent que tu es trop mou pour travailler et que donc tu as voulu arrêter. Même quand t’es étudiant, il faut privilégier les jobs sur la durée plutôt que pendant les vacances. Sinon ils se disent que t’es pas suffisamment bon pour lier les deux … C’est LA raison pour laquelle je serre les dents et continue chez Mcdo au moins jusqu’en Août …
    La blase quoi T_T

  2. Grrr je pourrais pas vivre au Japon décidément… le fait de rabaisser sans cesse la femme et sa place dans la société me déplaisent ….

  3. Et ben, c’est… spécial xD

  4. Chloé a dit :

    Bonjour,

    Tout d’abord merci pour ce blog vraiment très intéressant !
    Je suis arrivée à l’université d’Osaka au début du mois, et j’avoue avoir beaucoup de mal avec la langue japonaise, en particulier quand je vais faire mes courses… Je voulais donc savoir comment vous aviez appris le japonais? Cela vous a pris beaucoup d’années?

    Merci et bonne continuation 🙂

    1. Bonsoir Chloe,
      J’ai commencé a étudié le japonais en option lors ma première année de fac. Ça fait maintenant 5 ans et demi. J’ai d’abord beaucoup étudié avec des manuels, mes séjours au Japon (pour voir mon mari) puis finalement le fait d’y travailler m’ont aussi beaucoup aidés a progresser.
      La langue japonaise est certes difficile, il faut rester motivé. Pendant ton année au Japon tu verras que tu progresseras beaucoup car l’immersion dans le pays c’est ce qu’il y a de mieux !
      Bon courage

  5. Chloé a dit :

    Merci beaucoup pour votre réponse.
    Bonne continuation.

  6. valerie lepeltier a dit :

    merci beaucoup à vous pour toutes ces informations. mon fils ingénieur est embauché dans une grosse boite à tokyo, il part donc s’installer au japon. et j’avoue que les formalités administratives pour une expatriation longue durée au japon c’est pas une promenade de santé….. là où on se pose des questions c’est en matière de santé. étant salarié d’une entreprise japonaise il va cotiser à la sécu japonaise. on nous a en plus conseillé de s’inscrire au cfe. mais quid de la mutuelle?????. faut il prendre en plus une mutuelle internationale qui coûte un oeil??? ou bien existe t il des mutuelles japonaise ???? mais en tant que français expatrié pourra t il y souscrire ??? merci de partager votre expérience en ce domaine. cela nous aiderait grandement dans nos démarches.

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