Culture & Traditions Prefecture de Kyoto

Kyoto, l’erikae d’une Geisha

La semaine derrière j’ai eu l’opportunité d’assister à un évènement très spécial à Kyoto dans le quartier de geisha de Miyagawa-cho. Tout d’abord, un misedashi, soit la présentation de deux nouvelles maiko, Fumitsuru de l’okiya Toshikimi et Toshimasa de l’okiya Komaya (les okiya sont les maisons de Geisha). Puis, en même temps avait aussi lieu l’erikae d’une Geiko. Dans un précédent article je vous présentais ce qu’était un misedashi, mais dans celui-ci je vais vous parler de l’erikae.

La geiko Chikaharu avec les maiko Toshimasa et Fumitsuru
La geiko Chikaharu avec les maiko Toshimasa et Fumitsuru

L’erikae d’une nouvelle Geisha

Voici la geiko Chikaharu de l’okiya Komaya, la même maison de geisha que la maiko Toshimasa. Tenant le rôle de l’ainée de part son expérience, c’est elle qui devance les maiko. Ce jour-là, elle faisait son erikae ce qui signifie littéralement « changement de col » car la geiko troque le col rouge pour un blanc simple et épuré. En regardant la photo ci-dessus vous constaterez que le col des maiko et de la geiko sont différents. Puis comme c’est un événement important, Chikaharu portait un kimono formel dit kuromontsuki. Des ornements formels décorent aussi ses cheveux comme le peigne bekko kanzashi qui, fait, en écaille de tortue, coûte extrêmement cher.

La geiko Chikamaru le jour de son erikae.

D’abord, la cérémonie a eu lieu en privé. Ensuite, c’est en public qu’elle s’en va saluer les restaurants, les magasins, ses professeurs et les autres personnes de son quartier avec qui elle travaillera. Elle avait la même chose lorsqu’elle était devenue maiko quelques années plus tôt. Aujourd’hui elle doit revenir les saluer pour annoncer son ascension sous entendant son intention de se perfectionner en tant qu’artiste.

Après 5 années d’apprentissage, la maiko, apprentie geisha, peut continuer sa carrière en devant une geiko, soit geisha confirmée. Cependant beaucoup de maiko ne poursuivent pas leur carrière et choisissent de trouver une vie normale. Par conséquent, l’annonce de l’erikae d’une geisha attire toujours beaucoup de monde.

La geiko Chikamaru le jour de son erikae
La geiko Chikamaru

La geisha, toute une symbolique

Devenir Geiko, c’est épouser son métier, c’est pour cela qu’elle est habillée en femme mariée. La maiko représente les petites filles mignonnes et immatures. Elle portent des kimono colorés et bariolés avec une très longue ceinture obi ainsi que beaucoup d’ornements dans les cheveux.

La geiko représente la femme, la maturité et l’expérience avec des accessoires et des kimono plus sobres. On constate ainsi que le obi (large ceinture de kimono) se raccourcit, le kimono est plus sobre, les chaussures okobo aux lanières rouges laissent place à de moins hautes aux lanières blanches. Au niveau du visage, les deux lèvres sont maquillées. Puis,orénavant, contrairement à son temps de maiko, la geiko utilisera une perruque à la place de ses vraies cheveux pour se coiffer.

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N’étant pas une experte, j’ai omis plusieurs choses. Je vous partage ce que j’ai appris. Si vous voulez en apprendre davantage sur le monde des geisha, je vous renvoi à l’article où j’avais interviewé une amie, Emilie et le monde des geisha.

Eva

Française vivant au pays du soleil levant depuis 10 ans. Maman à plusieurs casquette travaillant à Kobe. Je partage sur mon blog un peu de mon quotidien ainsi que mes découvertes, mes voyages et ces différences culturelles avec lesquelles je cohabite. N’hésitez pas à vous abonner, je serais ravie de lire vos impressions !

6 commentaires

  1. AudreyCG a dit :

    Merci beaucoup pour ce partage. Et de nous orienter vers les articles d’Emilie qui sont très très intéressants. Du coup je me pose des tas de question sur leur formation, leur affinité pour la danse ou la musique, etc. Le choix des tissus mais aussi les personnes qui travaillent autour d’elle : couturier par exemple. Merci encore et bonnes fêtes de fin d’année.

  2. Super intéressant ! Le monde des geisha m’a fasciné quand je l’ai découvert dans le « journal d’une geisha », bien que je ne sache pas vraiment à quel point il correspond à la réalité.

  3. Très intéressant et de superbes photos! merci!

    1. Merci ! 🙂

  4. […] présentation au monde si je puis dire, je vous en avais parlé dans ces deux articles Misedashi et Erikae. Cependant ce sont des évènements ou bien qu’il soit autorisé de les photographier, on ne […]

  5. Coralie a dit :

    Quelle chance ! Même moi ayant vécu à Kyoto je n’ai pas vu cela de mes yeux !

    Magnifique photos ! Elles sont tellement classe !

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