L’été japonais, c’est l’enfer sur terre. La chaleur, une horreur. Son alliée, l’humidité, amplifie ce calvaire. Elle m’étouffe. Elle m’écrase. Le chant des cigales rythme ces journées sous le cagnard. Tel un vampire, je crains le jour et fuis le regard assassin du soleil. Chaque sortie est un supplice, ses rayons me fouettent, sa lumière m’aveugle, son regard me brûle et marque ma peau. Je suis à sa merci. Mon esprit n’est que souffrance. Telle une glace, je fonds. Des gouttes ruissellent constamment le long de mon corps. A chaque pas je me liquéfie d’avantage. Je meurs à petit feu. L’été japonais, je le hais, je le maudis.

La nuit, je revis. La nuit, c’est mon amie. Je l’aime, je la chérie et la remercie du peu de fraîcheur qu’elle apporte. Une fois les assaillants au repos, je prends plaisir à sortir de mon terrier. J’aime sentir le vent du soir me caresser le visage et apprécier la bienveillance de la lune. Libre de mes pensées, j’oublie ma douleur et je m’éternise sous sa lueur. Les festivals nocturnes redonnent le sourire et chantent sous les étoiles. La nuit panse les maux et apaise les cœurs.