Situé dans la préfecture de Kyoto et non loin de l’ancienne capitale, Uji est un agréable petit hameau entre montagnes, rivières et champs de thé. Sur fond d’un écrin vert, la ville s’organise autour de sa rivière, Ujigawa cernée par les hérons qui guettent leur repas. Longer la rivière mène au célèbre temple du phœnix, le Byodo-in, qui illustre d’ailleurs les pièces de 10 yens. L’aviez-vous remarqué ? La première fois que j’étais venue à Uji remonte à 4 ans pour voir le splendide temple des hortensias, Mimuroto-ji.

Byodo-in, le temple du phoenix de Uji
Byodo-in, le temple du phoenix de Uji

La ville du thé

Le long de la rivière s’alignent divers petites boutiques et restaurants aux airs d’antan. Bien sur le thé est omniprésent et tout se met au vert ; nouilles soba, glaces, dango, gyoza et boissons au thé matcha sont légions. Cependant si l’arome du thé vert matcha décliné sous toutes ces formes n’est pas à votre gout, pas de panique. En effet, le Japon a une vaste palette de thés, ainsi il est possible de se rabattre sur le hoji-cha, qui est un thé vert torréfié aussi très populaire ! En témoigne, le café Hohohojicha dont il est la spécialité où j’ai dégusté un délicieux hoji-cha latte froid et une succulente panacotta au hoji-cha qui hante mes rêves et reste gravée dans mes papilles.

Oji-cha latte froid et panacotta au oji-cha

Uji et Le dit du Genji

Statue de Murasaki Shikibu
Statue de Murasaki Shikibu

Le Dit du Genji est considéré comme le plus grand chef d’oeuvre de la littérature japonaise du XIème siècle. Écrit par une femme, Murasaki Shikibu, il relate les aventures du beau prince Genji et de sa vie courtisane et raffinée de l’époque Heian (794-1185). Reconnu comme étant le premier roman moderne du monde, il eut un grand impact sur la littérature japonaise, de plus que les sujets abordés étaient en avance sur leur temps. Comme une partie de l’histoire se déroule à Uji, la ville a érigé un musée et une statue de l’écrivaine en son honneur.

Le temple Kosho-ji

De l’autre côté de la rivière, sur une petite colline se trouve le monastère bouddhiste Kosho-ji qui est le premier monastère du courant religieux Soto Zen construit au Japon. Son fondateur le fit ériger en 1233 à Fukakusa, dans le sud de Kyoto, après son retour de Chine. Cependant, comme beaucoup de monuments japonais, il fut détruit puis reconstruit en 1649, mais à Uji ! Le monastère se consacre à l’éducation des moines. Lors de la visite on peut d’ailleurs y voir leur salle de méditation.

jardin du temple Kosho-hi
jardin du temple Kosho-hi

L’enceinte du temple est grande et s’étale en plusieurs bâtiments et jardins. J’ai été très intriguée par ses armoiries qui représentent des feuilles d’érables et une fleur qui m’est inconnue. Certains azalées étaient encore en fleur, ce qui était une bonne surprise. Dans le hall du temple j’ai été impressionnée par la cuisine et l’ancien four traditionnel qui étaient assez imposants, il s’agit de la cuisine des moines. En déambulant dans les couloirs, le bruit de l’eau se faisait entendre pour laisser apparaître un petit jardin habité d’une cascade et de quelques carpes koi. Une grenouille se joignit à cette douce mélodie alors qu’un chat guettait les carpes qui nageaient dans l’étang.

Plafonds ensanglantes, un vestige du passé

Je découvris aussi que cet endroit faisait partie des cinq temples aux plafonds de sang de Kyoto. En effet, il s’agit des traces de seppuku (suicide par éventration) de samurai. Les sols tâchés par leurs actes ont étaient convertis en plafonds, c’était la première fois que j’en visitais un. C’était étrange ce mélange des époques. Si on regarde bien on y distingue l’empreinte d’une main et d’un pied. Bien sûr après avoir visité, j’ai demandé mon goshuin.

Je recommande fortement de passer une journée à Uji qui réserve de belles surprises. Cela permettra de passer un bon moment nature loin des buildings des grandes villes. Puis bien sur de se familiariser davantage avec cette culture du thé. En compagnie de mon amie, j’ai vraiment passé un agréable moment, pour je ne sais quelle raison je me sentais très relaxée. Une chose est sure, j’ai très envie d’y retourner, pourquoi pas pour l’automne ?